Tout savoir sur le règlement de copropriété : guide pratique et juridique

|
Tout savoir sur le règlement de copropriété : guide pratique et juridique
Возвращать
Поделиться статьей

Tout savoir sur le règlement de copropriété : guide pratique et juridique

Acheter, vendre ou louer un logement en copropriété implique de se plier à un document trop souvent négligé : le règlement de copropriété. C'est pourtant lui qui fixe les règles du jeu au sein de l'immeuble, définit ce qui vous appartient réellement et encadre la vie collective. Chez Immo Malin, nous constatons chaque semaine à quel point sa méconnaissance est source de litiges. Ce guide complet vous explique ce que contient ce document, comment l'obtenir, comment le modifier et quels sont vos recours en cas de non-respect.

Qu'est-ce que le règlement de copropriété et à quoi sert-il ?

Définition et valeur juridique (loi du 10 juillet 1965)

Le règlement de copropriété est un document écrit, obligatoire dès qu'un immeuble bâti est divisé en lots appartenant à plusieurs propriétaires. Il est encadré par la loi du 10 juillet 1965, texte fondateur du droit de la copropriété en France, complétée par son décret d'application du 17 mars 1967. Ce règlement organise le fonctionnement de l'immeuble et détermine les droits et obligations de chacun.

Concrètement, il fixe la destination de l'immeuble (usage d'habitation, mixte, commercial), délimite les parties privatives et communes, et répartit les charges entre les copropriétaires. Il possède une véritable valeur contractuelle : en signant chez le notaire, l'acquéreur adhère automatiquement à son contenu.

Pourquoi est-il obligatoire et opposable à tous ?

On dit du règlement de copropriété qu'il est opposable, c'est-à-dire qu'il s'impose à toute personne concernée par l'immeuble : les copropriétaires, bien sûr, mais aussi les locataires, les occupants à titre gratuit et même les futurs acquéreurs. Nul ne peut se prétendre exempté de ses obligations au motif qu'il ne l'aurait pas lu.
Pour être pleinement opposable aux tiers, le règlement doit avoir été publié au service de la publicité foncière. Attention toutefois : une clause contraire à la loi (par exemple une clause interdisant à un propriétaire de louer son bien) est considérée comme réputée non écrite. Autrement dit, elle est privée d'effet et ne peut être appliquée, même si elle figure noir sur blanc dans le document.

Que contient obligatoirement le règlement de copropriété ?

La distinction essentielle : parties privatives vs parties communes

C'est le cœur du règlement. Les parties privatives sont réservées à l'usage exclusif d'un copropriétaire : l'intérieur de votre appartement, votre cave, votre balcon dans la plupart des cas. Les parties communes, elles, appartiennent à l'ensemble des copropriétaires : hall d'entrée, escaliers, ascenseur, toiture, gros œuvre, jardins ou couloirs.
Cette frontière n'est pas qu'une question de vocabulaire : elle détermine qui prend en charge les travaux et l'entretien. Un dégât sur une canalisation encastrée dans un mur porteur, par exemple, relèvera souvent des parties communes, donc de la copropriété, et non du seul occupant concerné.

La destination de l'immeuble et les règles de vie pratique

La destination de l'immeuble encadre l'usage que l'on peut faire de chaque lot. Un immeuble à destination exclusive d'habitation ne pourra pas accueillir librement une activité commerciale bruyante. Le règlement précise aussi les règles de vie quotidienne : horaires de travaux, détention d'animaux, usage des balcons, installation d'antennes ou de climatiseurs en façade.
Ces clauses répondent à des questions très concrètes que se posent les occupants, par exemple : peut-on installer un barbecue sur son balcon, étendre son linge en façade ou transformer son appartement en location de courte durée ? La réponse se trouve presque toujours dans le règlement.

La répartition des millièmes et le calcul des charges

Chaque lot se voit attribuer une quote-part exprimée en tantièmes ou millièmes, calculée en fonction de la superficie, de l'étage, de l'exposition et de la consistance du lot. Ce sont ces millièmes qui servent de base à la répartition des charges et au poids de votre voix lors des votes en assemblée générale.
Le règlement distingue les charges générales (entretien, conservation et administration des parties communes), réparties selon les millièmes, et les charges spéciales liées aux services et équipements collectifs (ascenseur, chauffage collectif), réparties selon l'utilité que chaque lot en retire. Un propriétaire de rez-de-chaussée peut ainsi être exonéré des charges d'ascenseur.

Donnée clé : en France, les charges de copropriété s'élèvent en moyenne à environ 25 € par m² et par an, avec de fortes variations selon les équipements de l'immeuble (ascenseur, chauffage collectif, gardien).

Comment obtenir ou consulter le règlement de copropriété ?

Vous êtes propriétaire ou futur acquéreur

Si vous êtes déjà propriétaire, le règlement figure dans l'acte notarié signé lors de votre achat : commencez par vérifier votre dossier. Vous pouvez également le réclamer à votre syndic, qui en conserve un exemplaire. En tant que futur acquéreur, la loi vous protège : le règlement de copropriété doit obligatoirement vous être remis dès la signature de la promesse ou du compromis de vente, afin que vous achetiez en toute connaissance de cause.

Vous êtes locataire : qui doit vous le fournir ?

Le locataire est directement concerné par le règlement, puisqu'il doit en respecter les règles de vie. C'est au propriétaire bailleur qu'incombe l'obligation de lui transmettre les extraits du règlement relatifs à la destination de l'immeuble, à l'usage des parties privatives et communes, ainsi qu'à la répartition des charges. Cette remise se fait généralement en annexe du bail.

Que faire en cas de perte du document ?

Un règlement égaré n'est jamais définitivement perdu. La démarche la plus simple consiste à en demander une copie à votre syndic ou à un autre copropriétaire. En cas d'échec, tout règlement publié est consultable auprès du service de la publicité foncière (ancienne conservation des hypothèques) du lieu de situation de l'immeuble, moyennant des frais de copie modestes.

Modification du règlement de copropriété : quelles sont les règles ?

Le vote en assemblée générale (AG) et les règles de majorité

Un règlement de copropriété n'est pas figé, mais il ne se modifie jamais unilatéralement. Toute évolution passe par un vote en assemblée générale. La majorité requise dépend de la nature du changement, selon les articles de la loi de 1965 :
     Majorité simple (article 24) : pour la mise en conformité du règlement avec des dispositions légales entrées en vigueur.
     Majorité absolue (article 25) : pour certaines modifications relatives à la jouissance ou à l'administration des parties communes.
     Double majorité (article 26) : pour les modifications touchant à la jouissance, l'usage ou l'administration des parties communes.
     Unanimité : dès lors que l'on modifie la destination de l'immeuble ou les droits privatifs d'un copropriétaire.

La mise en conformité obligatoire (focus loi ELAN)

La loi ELAN de 2018 a imposé aux copropriétés de mettre leur règlement en conformité, notamment pour intégrer la mention des parties communes spéciales, des parties communes à jouissance privative et des lots transitoires lorsqu'ils existent. Le syndic a l'obligation d'inscrire cette question à l'ordre du jour de l'assemblée générale. Bonne nouvelle : cette mise en conformité s'adopte à la majorité simple de l'article 24, ce qui en facilite grandement l'adoption.

Le coût d'une modification (frais de notaire et géomètre)

Modifier un règlement de copropriété a un coût, souvent sous-estimé. Une fois le vote acquis, la modification doit être formalisée par un acte notarié puis publiée au service de la publicité foncière pour être opposable. Selon la complexité du changement, l'intervention d'un géomètre-expert peut être nécessaire, par exemple pour recalculer les millièmes après la création ou la fusion de lots. Ces frais sont à anticiper dans le budget de la copropriété.

Non-respect du règlement de copropriété : quels sont les recours ?

Le rôle du syndic de copropriété
En cas d'infraction au règlement — travaux non autorisés, nuisances répétées, usage non conforme d'un lot —, le premier interlocuteur est le syndic. Garant du respect du règlement, il peut adresser une mise en demeure au copropriétaire fautif et, si nécessaire, engager une action en justice au nom du syndicat des copropriétaires, sur mandat de l'assemblée générale.

L'action individuelle d'un copropriétaire

Un copropriétaire qui subit personnellement un préjudice n'a pas à attendre l'inertie du syndic pour agir. Il peut engager seul une action individuelle devant le tribunal judiciaire pour faire cesser le trouble et obtenir réparation, par exemple la remise en état d'une partie commune détériorée ou la cessation d'une activité interdite. Le règlement de copropriété est alors la preuve écrite sur laquelle s'appuie sa demande.

Vous l'aurez compris : le règlement de copropriété est bien plus qu'une formalité administrative. C'est la colonne vertébrale juridique de votre immeuble. Chez Immo Malin, nos conseillers analysent systématiquement ce document lors de chaque transaction pour vous éviter les mauvaises surprises. Un doute sur vos droits ou vos charges ? Nos équipes sont là pour vous accompagner.

FAQ : vos questions sur le règlement de copropriété

Où trouver le règlement de copropriété si on l'a perdu ?

Vous pouvez le demander gratuitement à votre syndic ou à un autre copropriétaire. En cas d'échec, il est possible de commander une copie payante (environ 30 €) auprès du service de la publicité foncière de votre commune.

Le locataire est-il soumis au règlement de copropriété ?

Oui. Le règlement s'impose au locataire dès la signature du bail. Le propriétaire bailleur a d'ailleurs l'obligation légale de lui en fournir les extraits relatifs à l'usage des locaux et à la vie de l'immeuble.

Peut-on modifier un règlement de copropriété ?

Oui, mais uniquement par un vote en assemblée générale des copropriétaires. La majorité requise dépend de la nature du changement : majorité simple pour une mise en conformité légale, unanimité si l'on touche aux droits privatifs ou à la destination de l'immeuble.

Vous pensez à vendre ?
Nos experts rusés 🦊 sont là pour vous accompagner !

Faites estimer votre bien gratuitement en ligne en quelques minutes, ou prenez rendez-vous pour une évaluation sur place, précise et sans engagement.

💡 Avec Immo-Malin, vendre malin commence toujours par une bonne estimation.
Estimation gratuite et sans engagement !
estimation immobilière Paris

Вы также оцените эту подборку статей

УВАЖЕНИЕ ВАШЕЙ КОНФИДЕНЦИАЛЬНОСТИ ЯВЛЯЕТСЯ ПРИОРИТЕТОМ ДЛЯ НАС
Мы используем файлы cookie, чтобы предоставить вам оптимальный опыт и соответствующую связь на нашем сайте. Эти технологии позволяют нам предлагать вам контент, соответствующий вашим интересам. Они также позволяют нам улучшить качество наших услуг и удобство использования нашего веб-сайта. Мы будем использовать только те персональные данные, на которые вы дали свое согласие. Вы можете изменить их в любое время через раздел «Управление файлами cookie» в нижней части нашего сайта, за исключением файлов cookie, необходимых для его работы. Для получения дополнительной информации о ваших персональных данных, пожалуйста, смотрите .
Принимайте все
Откажитесь от всего
Настроить